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Assouplissement du DPE : une bouffée d’air pour le marché locatif… sous conditions

Assouplissement du DPE : une bouffée d’air pour le marché locatif… sous conditions

Face à une crise du logement qui ne cesse de s’intensifier, le Gouvernement a dévoilé, le 23 avril 2026, une série de mesures ambitieuses pour relancer la construction, soutenir l’investissement locatif et améliorer les conditions de vie des Français. Parmi ces annonces, une mesure attire particulièrement l’attention des propriétaires, investisseurs et locataires : l’assouplissement des règles liées au diagnostic de performance énergétique (DPE).

 

Une réponse pragmatique à une crise urgente

Le constat est sans appel : la France construit aujourd’hui moins de 300 000 logements par an, bien loin des besoins. Dans ce contexte, des millions de logements existants représentent une réserve précieuse… mais encore faut-il qu’ils puissent être proposés à la location.

Ces dernières années, la réglementation autour du DPE s’est durcie, avec l’interdiction progressive de louer les logements classés F et G, considérés comme des « passoires thermiques ». Une mesure cohérente sur le plan environnemental, mais qui a eu un effet immédiat : retirer du marché locatif un volume important de biens, aggravant la pénurie de logements disponibles.

 

Ce qui change concrètement

La réforme annoncée introduit une évolution majeure : les logements classés F ou G pourront de nouveau être mis en location, à condition que des travaux de rénovation énergétique soient réalisés dans un délai de trois ans pour atteindre au minimum la classe E pour une maison individuelle, et jusqu’à cinq ans pour un logement en copropriété lorsque des travaux de rénovation énergétique sont engagés.

Cette distinction tient compte des contraintes propres aux copropriétés, où les travaux dépendent de décisions collectives et de délais souvent plus longs.

Autrement dit, le Gouvernement fait le choix d’un équilibre entre urgence sociale et transition écologique :

  • Remettre rapidement des logements sur le marché, avec un potentiel estimé jusqu’à 1,4 million de biens concernés ;
  • Maintenir une exigence de rénovation, en imposant une amélioration progressive de la performance énergétique.

 

Une opportunité pour les propriétaires

Pour les bailleurs, cette mesure représente une réelle opportunité. De nombreux propriétaires avaient suspendu leur projet de mise en location faute de pouvoir financer immédiatement des travaux parfois lourds. Désormais, ils disposent d’un délai pour planifier et étaler ces rénovations.

Cela peut également redonner confiance aux investisseurs, dans un contexte où l’incertitude réglementaire pesait fortement sur les décisions d’achat dans l’ancien.

Cependant, cette souplesse ne doit pas être perçue comme un abandon des objectifs énergétiques. Les propriétaires restent engagés dans une trajectoire d’amélioration, avec une obligation claire à moyen terme.

 

Un impact direct pour les locataires

Du côté des locataires, cette mesure vise avant tout à augmenter l’offre de logements disponibles, notamment dans les zones tendues. À court terme, cela pourrait contribuer à :

  • réduire la pression sur les loyers,
  • faciliter l’accès au logement,
  • limiter les situations de précarité résidentielle.

Néanmoins, la question du confort thermique et des factures énergétiques reste centrale. Louer un logement mal classé, même temporairement, peut représenter un coût important pour les occupants. L’enjeu sera donc d’assurer que les travaux annoncés soient effectivement réalisés dans les délais.

 

Une mesure intégrée dans une stratégie globale

L’assouplissement du DPE ne constitue pas une mesure isolée. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à :

  • encourager l’investissement locatif,
  • simplifier les règles de construction,
  • accélérer les projets immobiliers,
  • renforcer le rôle des collectivités locales.

L’objectif affiché est ambitieux : atteindre 2 millions de logements construits d’ici 2030, tout en mobilisant le parc existant.

 

Entre pragmatisme et vigilance

Cette réforme marque un tournant dans la politique du logement : elle reconnaît les limites d’une approche trop restrictive dans un contexte de crise aiguë. En redonnant de la flexibilité, elle permet de répondre rapidement aux besoins des Français.

Mais sa réussite dépendra d’un point essentiel : le respect effectif des engagements de rénovation. Sans cela, le risque serait de retarder la transition énergétique du parc immobilier.

En résumé, cet assouplissement du DPE apparaît comme une mesure de compromis, cherchant à concilier urgence sociale, réalité économique et impératif écologique. Une évolution que l’ACC Sud-Ouest suivra de près dans les mois à venir, tant ses effets pourraient être déterminants pour l’ensemble du marché immobilier.

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